Un article de la revue Management de mai 2016 critique le concept d’entreprise “libérée”. Les auteurs, Michel Barabel et Olivier Meier parlent de “concepts qui font Pschitt !”. L’entreprise libérée octroie beaucoup de libertés à l’ensemble de ses salariés. Ces derniers s’organisent et deviennent sources de propositions, pour le bien de l’entreprise. L’une des résultantes est la disparition de la hiérarchie. Les entreprises FAVI et GORE sont souvent citées en exemple.

Comme souvent, le “biais du survivant” est négligé. Une entreprise réussit; on la prend en exemple. On oublie d’observer toutes celles qui ont échoué en utilisant la même méthode. D’une seule observation, on en déduit une règle. Pourquoi Gore perdure ? Est-ce grâce à sa méthode de management ? Ou est-ce car Bill Gore a inventé un produit génial, le Gore-tex ? Certainement un peu des deux.

Alors, l’entreprise libérée est-elle une utopie ?

Complètement libérée, certainement. Il y a tout de même un juste milieu intéressant. Gore met des garde-fous. Le contrôle existe. Il est réalisé par les autres salariés. Pour chaque nouveau projet, les employés désignent leurs leaders et s’évaluent entre pairs. Les équipes sont petites. Les unités dans lesquelles travaillent les équipes ne dépassent pas 150 employés. 150, d’après Dunbar, c’est le nombre maximum de personnes avec lesquelles une individu peut entretenir une relation sociale stable et efficace. Au dessus de ce nombre, la communication et la confiance mutuelle ne fonctionnent plus et, il faut recourir à une hiérarchie. Gore a développé, et transmet à chaque nouvel employé, une culture d’entreprise qui véhicule cette “liberté” au sein de l’entreprise. Cette façon de faire n’est pas transposable ailleurs, du jour au lendemain.

Chaque secteur d’activité est différent. Des employés ne désirent pas forcément devenir autonome et être responsabilisés. Dans l’expédition et le conditionnement des fruits et légumes en gros, il faut décider et agir vite. Les commandes arrivent jusqu’à 14H00 et doivent être livrées avant 18H00. L’organisation en projet y est quasiment impossible. Il est néanmoins intéressant de s’inspirer de Gore. Ainsi, un manager peut s’appuyer sur des leaders relais, plus efficaces pour certains tâches et missions. Une ligne hiérarchique doit suffire, avec un dirigeant au dessus. Cela permet d’entretenir la relation sociale évoquée précédemment et, de faire circuler l’information de manière pertinente.

Plutôt que “l’entreprise libérée”, nous préférons le concept de “flat” management (très peu de lignes hiérarchiques). Peu de strates hiérarchiques invitent l’entreprise à agir rapidement. Les managers doivent avoir en tête l’idée d’utiliser le potentiel de chaque employé, dans ce qu’il fait de mieux. Il doit être capable de laisser ponctuellement le leadership, à une personne meilleure que lui dans un domaine. Nos formations en management et organisation s’inspirent de cette idée.

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